Share

Le mystérieux Hum aurait été enfin expliqué

Par hollowsoul · 8 juin 2026

Le phénomène acoustique mondial connu sous le nom de « The Hum » (Le Bourdonnement) suscite de nombreuses interrogations depuis plusieurs décennies. Ce bruit de fond persistant, de basse fréquence, est décrit par ceux qui le perçoivent comme le bruit lointain d’un moteur diesel tournant au ralenti, d’un camion stationné ou d’une machinerie industrielle invisible. Récemment, une étude scientifique menée par des chercheurs de l’Université norvégienne de sciences et technologies (NTNU) et de l’Université Louis-et-Maximilien de Munich a apporté de nouveaux éléments factuels permettant d’éclairer l’origine de ce mystère.
Les données recueillies à l’échelle internationale démontrent que ce signal ne se limite pas à une seule région géographique, mais s’inscrit au contraire dans une série de manifestations globales documentées de manière rigoureuse par des mesures acoustiques et des diagnostics médicaux.

Chronologie et cartographie mondiale du phénomène

Le Bourdonnement n’est pas un fait isolé ou récent. L’enregistrement systématique de ces plaintes repose sur une chronologie précise à travers plusieurs continents.

  • Émergence à Bristol (Royaume-Uni)
    Milieu des années 1970
    Le journal local Bristol Evening Post reçoit un afflux massif de courriers de résidents signalant un grondement sourd et permanent. Des enquêtes initiales ciblent les ventilateurs industriels d’un entrepôt à Avonmouth, mais l’arrêt et le démantèlement ultérieur de cette usine ne mettent pas fin aux signalements.
  • Le cas de Taos (Nouveau-Mexique, USA)
    1993
    Une proportion significative d’habitants de la ville de Taos se plaint d’un bruit sourd et répétitif. La situation incite le Congrès américain à mandater une enquête scientifique officielle impliquant des acousticiens et des géophysiciens pour localiser une source géologique ou technologique, sans succès consensuel.
  • Le « Kokomo Hum » (Indiana, USA)
    1999
    La municipalité de Kokomo lance des investigations acoustiques approfondies. Les mesures détectent des fréquences spécifiques à 10 Hz et 36 Hz provenant d’installations industrielles locales (tours de refroidissement et compresseurs), démontrant pour la première fois qu’une partie de ces bruits possède une source matérielle mesurable.
  • Création de la base de données mondiale
    2012
    Le chercheur et enseignant canadien Glen MacPherson met en place le projet The World Hum Map and Database. Cet outil collaboratif permet de cartographier des milliers de témoignages et de normaliser les descriptions techniques à travers le monde (Canada, Australie, Afrique du Sud, Europe).

Les caractéristiques physiques du signal

Les rapports cliniques et les enregistrements techniques s’accordent sur des constantes physiques précises. Les personnes réceptives (estimées à environ 2 à 4 % de la population selon les zones géographiques) décrivent un son qui présente les spécificités suivantes :

  • Focalisation intérieure : Le son est particulièrement audible à l’intérieur des habitations, souvent pendant la nuit, lorsque le bruit ambiant global diminue. Les murs des bâtiments agissent parfois comme des caisses de résonance pour ces ondes spécifiques.
  • Propagation à longue distance : Les basses fréquences possèdent des longueurs d’onde très étendues, ce qui leur permet de traverser les obstacles physiques (murs, double vitrage, protections auriculaires classiques) et de voyager sur des dizaines de kilomètres sans perdre d’énergie significative.
  • Effets physiologiques documentés : Pour les sujets sensibles, la perception continue de cette vibration s’accompagne de troubles du sommeil, de céphalées persistantes, de vertiges et d’un état de stress chronique mesurable par le taux de cortisol.

Les conclusions de la recherche récente (Étude NTNU / Munich)

L’étude dirigée par le professeur Markus Drexl de la NTNU, menée sur un échantillon de 28 personnes souffrant de ce bourdonnement en Allemagne, apporte une double explication factuelle. Les conclusions démontrent que le phénomène ne relève pas d’une cause unique, mais d’une convergence entre des facteurs environnementaux et des mécanismes physiologiques internes.
Les chercheurs ont testé et validé deux hypothèses distinctes permettant de classifier la nature du Bourdonnement.

1. L’hypothèse environnementale objective

Dans un tiers des cas étudiés, le son correspond à une onde acoustique réelle, mesurable par des appareils de haute précision. Les infrastructures modernes génèrent un volume constant de vibrations de basse fréquence. Parmi les sources identifiées figurent :

  • Les systèmes de ventilation industrielle et les pompes à chaleur résidentielles.
  • Le passage des flux gazeux ou liquides dans les pipelines à haute pression.
  • Les parcs éoliens et le trafic routier ou ferroviaire lourd.
    La difficulté majeure réside dans la localisation de la source : en raison de la longueur de ces ondes, l’oreille humaine est incapable de déterminer la direction d’où provient le son, ce qui renforce l’impression d’un bruit omniprésent et global.

2. L’hypothèse de l’origine interne (Physiologique)

Pour les deux tiers restants des participants, aucun signal acoustique extérieur n’a pu être mesuré par les microbaromètres et les instruments de capture, y compris dans des environnements isolés phoniquement. L’étude démontre deux explications internes spécifiques :

MécanismeDescription ScientifiqueCaractéristiques Factuelles
Émissions otoacoustiques spontanées (EOAS)Sons de faible intensité produits directement par l’oreille interne (cellules ciliées externes) lors du processus d’amplification des signaux audio.Ces sons sont physiologiques, mesurables objectivement par des sondes insérées dans le conduit auditif externe, et perçus par le sujet dans un environnement totalement silencieux.
Acouphènes de basse fréquenceDysfonctionnement du système neurologique auditif qui interprète un signal inexistant comme un son grave.Contrairement aux acouphènes aigus classiques (sifflements), cette forme mime précisément le bruit d’un moteur ou d’un bourdonnement mécanique externe.
L’analyse démontre que les personnes affectées croient initialement que la source est externe. C’est le déplacement géographique (le fait de constater que le bruit persiste à l’identique dans des lieux totalement différents ou éloignés de toute infrastructure) qui permet de confirmer l’origine interne du signal.

Autres pistes de recherche et interactions géophysiques

Au-delà des facteurs anthropiques (liés à l’homme) et médicaux, les géophysiciens ont documenté d’autres sources de vibrations naturelles à basse fréquence qui alimentent le bruit de fond de la Terre. Ces données permettent d’exclure les hypothèses spéculatives au profit de dynamiques terrestres mesurables :

Le microseisme primaire et secondaire : Le mouvement perpétuel des vagues océaniques, lorsqu’elles entrent en collision ou frappent le plancher océanique et les plateaux continentaux, génère une oscillation sismique continue de la Terre. Ce phénomène, mesuré à des fréquences très basses (inférieures à 1 Hz, entrant dans la catégorie des infrasons), fait vibrer la croûte terrestre de manière permanente.

De plus, l’activité de la magnétosphère et de l’ionosphère — notamment lors des interactions liées aux aurores boréales ou aux impacts de foudre (résonances de Schumann) — engendre des ondes électromagnétiques. Bien que ces ondes soient par nature inaudibles, des recherches antérieures (telles que les travaux du physicien David Deming) ont exploré la possibilité que ces courants interfèrent directement avec les tissus biologiques ou les appareils électriques domestiques, créant par induction une perception sonore indirecte chez certains individus présentant une sensibilité spécifique.

Vous pourriez aussi aimer