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Le mystère du trou du New Hampshire

Par hollowsoul · 21 septembre 2026

Le 10 janvier 1977, dans la petite ville de Wakefield, à la frontière entre le New Hampshire et le Maine, un fermier découvre au petit matin un trou parfaitement circulaire dans la glace d’un étang de sa propriété. Au fond, à travers une eau trouble, un objet noir de forme cubique. En quelques heures, la police, la défense civile puis la Garde nationale se relaient sur les lieux, des relevés de radioactivité anormaux sont annoncés, le silence est demandé à la famille, et la presse s’empare de l’affaire au point que le New York Times lui consacre un article resté célèbre : « New Hampshire Ice Mystery: Radioactivity Suspected, Mud Taken for [Analysis] ». Près de cinquante ans plus tard, cette « énigme de la glace » reste l’un des dossiers non résolus les plus cités par les passionnés d’ovnis en Nouvelle-Angleterre — sans qu’aucune preuve matérielle n’ait jamais été produite.

Précision méthodologique : l’article original du New York Times du 14 janvier 1977 n’a pas pu être consulté directement, son accès étant restreint. La reconstitution qui suit s’appuie donc sur des sources dérivées — récits de passionnés, podcast d’histoire locale, forums ufologiques — dont la fiabilité inégale est signalée au fil du texte. Cette limite invite à une prudence particulière sur les détails les plus précis (chiffres, propos rapportés).

Une découverte insolite sur l’étang

Selon les récits disponibles, c’est un fermier du nom de McCarthy — les sources ne s’accordent pas sur son prénom, certaines évoquant William, d’autres Thomas, ce qui en dit long sur la qualité de la documentation entourant cette affaire — qui aurait remarqué l’anomalie sur l’étang à chevaux de son exploitation, parfois désignée comme « Rocky Ridge Farm ». La glace, épaisse d’une quarantaine de centimètres, présentait un trou rond d’environ un mètre de diamètre, entouré d’une vingtaine de centimètres de neige fondue en bouillie — signe, selon le témoin, qu’une source de chaleur avait fait fondre la glace localement. Fait troublant rapporté par plusieurs versions du récit : la glace n’aurait pas regelé sur ce trou malgré des températures hivernales rigoureuses.

En regardant au fond, l’homme aurait aperçu un objet noir, de forme cubique, d’environ trente centimètres de côté, enfoncé dans près d’un mètre de vase. Craignant qu’il ne s’agisse de débris d’un satellite ou d’un avion, il aurait alerté la police locale — déclenchant un enchaînement d’événements disproportionné par rapport à la découverte initiale.

L’escalade officielle

D’après les récits recueillis, la police aurait été rapidement suivie par des agents de la défense civile puis par des unités de la Garde nationale, munis de compteurs Geiger. Les relevés auraient indiqué un niveau de radioactivité élevé — un chiffre de quatre roentgens est parfois avancé, une valeur qu’il convient d’accueillir avec circonspection : si elle était exacte et soutenue dans la durée, une telle dose serait associée à un risque sanitaire sérieux, ce qui rend plausible soit une erreur de mesure ou d’étalonnage de l’appareil, soit une confusion d’unité dans la transmission du récit au fil des décennies.

La famille McCarthy aurait reçu la consigne d’éloigner les chevaux et les enfants du site, et un assistant du procureur général de l’État, identifié dans certaines sources sous le nom de Greg Smith, leur aurait demandé de ne pas ébruiter l’affaire. Consigne qui n’aurait pas empêché la presse locale, puis la police d’État et, selon certains récits, des représentants du Pentagone, de converger vers la ferme dans l’après-midi — une mobilisation qui, si elle est avérée telle que décrite, paraît disproportionnée pour un simple test de terrain contaminé, et alimente depuis l’hypothèse d’un événement plus significatif que ne le laissait supposer la version officielle.

Des vérifications qui ne mènent nulle part

Les autorités auraient contacté tous les aéroports dans un rayon de cent soixante kilomètres afin de vérifier si un aéronef avait perdu du matériel ; aucune déclaration en ce sens n’aurait été recensée. Aucune chute de météorite n’aurait par ailleurs été rapportée dans la région à cette période. C’est précisément l’absence d’explication conventionnelle immédiate — ni débris identifié, ni objet volant signalé disparu — qui a nourri les spéculations les plus diverses, des débris militaires classifiés jusqu’à l’hypothèse extraterrestre.

La disparition nocturne

Le récit le plus souvent repris veut qu’aux alentours de deux heures du matin, le fermier ait aperçu trois hommes procédant à de nouveaux relevés sur l’étang. Ceux-ci n’auraient cette fois détecté aucune anomalie radioactive : la contamination signalée quelques heures plus tôt aurait tout simplement disparu — tout comme l’objet cubique lui-même. Des témoins auraient affirmé avoir vu la Garde nationale retirer la boîte de l’étang, mais aucune source primaire, aucun document officiel ni aucune photographie de l’objet n’est venu corroborer cette affirmation. Ce point reste, à ce jour, entièrement invérifié.

Hypothèse ovni contre explication géologique

L’affaire a rapidement attiré l’attention du milieu ufologique. Un enquêteur de terrain rattaché au Center for UFO Studies, l’organisation fondée par l’astronome J. Allen Hynek à Evanston, dans l’Illinois, se serait rendu sur place et aurait défendu l’hypothèse d’un possible atterrissage d’engin non identifié, s’appuyant sur trois éléments : la perfection géométrique du trou dans une glace pourtant épaisse, son refus de regeler, et les relevés de radioactivité initiaux.

Une explication beaucoup plus prosaïque mérite cependant d’être posée en regard de ce récit, et elle tient à la géologie même du New Hampshire. Dès 1951, une étude de l’United States Geological Survey avait cartographié des formations rocheuses radioactives — granites et pegmatites porteurs d’uranium et de thorium — sur l’ensemble du Vermont, du New Hampshire, du Connecticut, du Rhode Island et du sud-est de l’État de New York. Un compteur Geiger placé au contact d’une vase riche en minéraux de ce type, ou affecté par du radon naturellement présent dans le sol de la région, peut produire des relevés élevés et fluctuants sans qu’aucun phénomène extraordinaire n’entre en jeu. Le titre même de l’article du New York Times de janvier 1977 — évoquant un prélèvement de boue pour analyse plutôt qu’une confirmation d’origine inconnue — suggère d’ailleurs que la piste privilégiée par les autorités de l’époque était bien celle d’une radioactivité d’origine naturelle ou minérale, et non celle d’un objet exogène.

Bilan critique

L’affaire de l’étang de Wakefield illustre un cas d’école en matière de folklore ufologique : un fait divers local, traité avec une opacité administrative propre à l’époque de la Guerre froide, amplifié par une consigne de silence rapidement éventée, puis transmis pendant des décennies par des récits successifs — blogs, podcasts d’histoire locale, forums — qui ont fini par se substituer aux sources primaires. Les incohérences relevées ici, à commencer par l’identité même du témoin principal, ne discréditent pas nécessairement l’existence d’un épisode réel, mais elles interdisent d’en tirer des conclusions fermes dans un sens comme dans l’autre.

Ce que l’on peut raisonnablement retenir : un phénomène physique localisé et temporaire s’est vraisemblablement produit sur cet étang en janvier 1977 ; les autorités ont réagi avec un luxe de moyens qui, documenté ou non avec exactitude, trahit au minimum une réelle inquiétude sur le moment ; et l’absence de toute preuve matérielle conservée — ni l’objet, ni un rapport officiel accessible, ni une photographie exploitable — condamne l’affaire à demeurer, comme tant d’autres dossiers ufologiques des années 1970, une histoire racontée plutôt qu’un dossier documenté. L’hypothèse géologique, pour moins spectaculaire qu’elle soit, reste la plus économe en suppositions.

« Le fait demeure que quelque chose d’étrange s’est produit sur l’étang à chevaux de la ferme McCarthy, à Wakefield, dans le New Hampshire. Peut-être qu’un jour, le mystère sera résolu. »

Sources

The New York Times, « New Hampshire Ice Mystery: Radioactivity Suspected, Mud Taken for Analysis », 14 janvier 1977 (accès direct restreint).
New England Legends, podcast et transcription, « Episode 426 – The Wakefield UFO Mystery », ournewenglandlegends.com, décembre 2025.
Ghostvillage.com, présentation de l’épisode « New England Legends Podcast 426 – The Wakefield UFO Mystery ».
Steemit (@sadia), « Wakefield, New Hampshire’s UFO Mystery ».
United States Geological Survey, McKeown, F. A., « Reconnaissance of Radioactive Rocks of Vermont, New Hampshire, Connecticut, Rhode Island and Southeastern New York », Trace Elements Investigations 67, 1951.

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