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L’Affaire Varginha : le « Roswell brésilien » au cœur d’une nouvelle bataille pour la vérité

Par hollowsoul · 14 juin 2026

Trente ans après les faits, l’incident d’OVNI de Varginha revient hanter les couloirs du pouvoir à Washington comme à Brasília. Des parlementaires américains réclament la déclassification de documents secrets, un neurochirurgien brise enfin le silence, et des archives militaires brésiliennes — rendues publiques — révèlent une enquête institutionnelle bien plus troublante que ce que les autorités ont toujours voulu admettre. Récit d’une affaire qui refuse de mourir.


20 janvier 1996 : une rencontre dans un terrain vague

Ce samedi après-midi, trois jeunes femmes — Liliane, Valquíria et Kátia — traversent le quartier de Jardim Andere, dans la ville de Varginha, dans l’État du Minas Gerais. Sur un terrain vague, elles aperçoivent une créature accroupie contre un mur : petite, à la peau sombre et huileuse, dotée d’une tête disproportionnée, de grands yeux rouges sans pupilles et d’une bouche réduite à une mince fente horizontale. Terrorisées, elles s’enfuient et alertent leur famille.

Les témoignages se multiplient dans les jours qui suivent. Des riverains affirment avoir observé des objets volants non identifiés dans le ciel de la région. Des bruits circulent : des militaires auraient capturé des créatures, les hôpitaux locaux auraient accueilli des êtres non humains sous haute surveillance. La presse nationale s’empare de l’histoire. Varginha devient, presque du jour au lendemain, le « Roswell brésilien ».


Ce que disent les archives militaires déclassifiées

Pendant des décennies, les autorités brésiliennes ont nié toute implication. Mais en 2025 et 2026, treize documents militaires déclassifiés — totalisant plus d’un million de caractères en portugais — ont été rendus accessibles aux Archives nationales du Brésil. Leur contenu est saisissant.

On y découvre d’abord que l’armée brésilienne disposait, depuis au moins 1978, d’un système institutionnel et formalisé de recensement des observations d’OVNI, baptisé en interne Tráfego Hotel (« Trafic Hôtel »). Des questionnaires standardisés estampillés CONFIDENTIEL, des correspondances classifiées entre commandements régionaux, et des centaines de rapports individuels attestent d’une surveillance systématique s’étendant sur plusieurs décennies.

Plus troublant encore : un rapport de renseignement militaire daté de 1971 — soit vingt-cinq ans avant l’incident célèbre — décrit déjà des phénomènes aériens non identifiés au-dessus de Varginha et de la ville voisine de Três Corações, où se trouve l’École des Sous-officiers de l’Armée (ESA), précisément l’installation militaire au cœur des allégations de 1996. Le même rapport mentionne des témoins militaires à l’ESA et des événements similaires en 1962. Le site de Varginha n’est donc pas apparu dans les archives militaires en 1996 : il y figurait déjà depuis des décennies.

L’enquête militaire : alibis minute par minute

Face à la déferlante médiatique, l’armée a ouvert deux enquêtes distinctes. La première, une sindicância (enquête interne) en mai 1996, conclut que les militaires cités n’ont participé à aucune opération d’enlèvement d’être quelconque. La seconde, une Enquête de Police Militaire (IPM n° 18/97) ouverte en janvier 1997, est un document de neuf volumes couvrant des centaines de pages de dépositions.

Les officiers nommément cités par les ufologues — dont le lieutenant-colonel Olímpio Vanderlei dos Santos — ont fourni des emplois du temps d’une précision remarquable : chaque heure du 22 au 25 janvier 1996 est reconstituée, vérifiée par de multiples témoins civils et militaires. L’armée affirme que ses camions n’ont circulé à Varginha que les 25 et 26 janvier pour une maintenance de routine chez un concessionnaire Mercedes-Benz nommé AUTOMACO — factures et bons de commande à l’appui.

Mais un vétérinaire du zoo municipal, le Dr Marcos Carvalho Mirna, affirme sous serment avoir vu des convois de camions de l’ESA sur la route dès le 22 janvier — trois jours avant la date reconnue par l’armée. Un employé de l’usine Parmalat, Eduardo Bertoldo, décrit pour sa part « un transit inhabituel de camions de l’ESA, pendant pratiquement toute une semaine », avec des soldats armés de fusils dans les bennes. Ces contradictions ne figurent pas dans les conclusions officielles.

L’explication officielle : « Mudinho »

Selon l’IPM, les trois jeunes femmes auraient confondu un habitant de Varginha souffrant de troubles mentaux sévères — un homme connu dans le quartier sous le surnom de « Mudinho » — avec une créature extra-terrestre. Liliane, Valquíria et Kátia ont rejeté cette explication depuis près de trente ans et ont maintenu leur témoignage intact, notamment dans le documentaire Moment of Contact réalisé par James Fox en 2022.


Les hôpitaux, les dénégations et l’alibi qui s’effondre

Les archives militaires contiennent également le récit détaillé des investigations menées par deux ufologues civils, Ubirajara Rodrigues et Vitório Pacaccini, dont les travaux ont été intégrés comme pièces à conviction dans l’IPM — ce qui constitue, en soi, un fait exceptionnel.

Une infirmière de l’Hôpital Régional aurait confié à Rodrigues que le dimanche 21 janvier, une « grande agitation » avait agité l’établissement, impliquant des médecins venus de l’extérieur, la Police Militaire et des véhicules de l’armée. Elle aurait rapporté que le directeur de l’hôpital avait réuni le personnel pour lui donner une consigne explicite : « Si quelqu’un vous demande quoi que ce soit — surtout cet avocat, Ubirajara — niez tout. Niez complètement. »

Plus déterminant encore : lors du tournage d’un documentaire diffusé en juin 1996 sur TV Manchete, l’administrateur de l’hôpital, Adilson Usier, a soutenu devant les caméras que tout le mouvement du soir du 20 janvier s’expliquait par l’arrivée du corps d’un détenu décédé au pénitencier de Varginha. Le reporter a alors sorti un rapport médico-légal de sa poche : le prisonnier en question était mort le 30 janvier — dix jours après la date avancée par Usier. Confronté à cette contradiction sur pellicule, l’alibi de l’hôpital s’est effondré en direct.


La mort du soldat Chereze

L’un des éléments les plus troublants de toute l’affaire est la mort de Marco Eli Chereze, un soldat de 23 ans affecté au 24e Bataillon de Police Militaire du Minas Gerais. Hospitalisé le 12 février 1996 — vingt-trois jours après les événements du 20 janvier — il décède trois jours plus tard. La cause officielle retenue par l’autopsie : une septicémie consécutive à l’ablation d’un kyste sous l’aisselle gauche.

Sa famille a fourni une version radicalement différente. Selon sa mère, Chereze était rentré chez lui le soir du 20 janvier, trempé et couvert de boue, amené par une voiture officielle banalisée. Quelques jours plus tard, il avait mis en garde son père : « Ça va être un grand chaos, papa. Attends un peu. » Sa sœur Marta a décrit l’opération chirurgicale comme effectuée sans antisepsie adéquate, un décès survenu alors que le corps était entièrement violacé, et un enterrement organisé en quelques heures avec un cercueil fermé. La famille a demandé une exhumation : elle a été refusée. L’autopsie complète n’a jamais été communiquée aux proches.

L’analyse bactériologique des prélèvements d’autopsie a révélé la présence de Staphylococcus schleiferi, une espèce associée habituellement aux infections canines et félines, exceptionnellement retrouvée dans des infections humaines fatales chez un sujet de 23 ans sans pathologie préexistante connue. Lors d’une conférence de presse à Washington en janvier 2026, un pathologiste a évoqué la découverte d’une bactérie d’une « agressivité et d’une létalité extrêmement élevées » dans des échantillons de tissu attribués à Chereze — détail qui recoupe la mention dans l’IPM d’une « petite quantité toxique » relevée dans le corps du militaire.


Les morts inexpliquées au zoo et la dame aux yeux rouges

Le 21 avril 1996, soit trois mois après les faits, Terezinha Gallo Clepf, 67 ans, épouse d’un ancien conseiller municipal de Varginha, sort fumer une cigarette sur la véranda d’un restaurant situé dans l’enceinte du zoo municipal. Dans l’obscurité, à cinq mètres d’elle, elle distingue une silhouette immobile contre la grille : une créature à la peau sombre et huileuse, aux immenses yeux rouges luminescents dépourvus de pupilles, au nez quasi absent et à la bouche réduite à une fente. Pendant sept minutes, les deux êtres se regardent en silence. Elle recule jusqu’à la porte du restaurant sans se retourner, puis insiste pour rentrer immédiatement.

La semaine précédant cette rencontre, cinq animaux en parfaite santé étaient morts au zoo : deux cerfs, un tapir, un ara bleu et un ocelot. Les nécropsies ont révélé chez le tapir une « substance toxique non identifiée » et chez les cerfs une « intoxication caustique sans cause apparente ». Pour les trois autres animaux, aucune cause de mort n’a pu être déterminée. Les prélèvements envoyés à un laboratoire de Belo Horizonte n’ont jamais été rendus publics.


2026 : Washington réclame les dossiers

En juin 2026, l’affaire de Varginha est revenue au centre de l’actualité lors d’une conférence de presse organisée à Washington, à laquelle ont participé des membres du Congrès américain et l’ancien officier du renseignement David Grusch, déjà célèbre pour ses révélations sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés (PANI).

James Fox, réalisateur du documentaire Moment of Contact (2022) dont une version remaniée est sortie en décembre 2025, a déclaré lors de cette conférence que l’ancien ministre brésilien de la Défense avait confirmé la réalité de l’incident et que si les États-Unis procédaient à une divulgation, le Brésil ferait de même.

Le représentant républicain Eric Burlison (Missouri) a dénoncé des décennies de secret : « Le peuple américain a été traité comme des enfants, à qui l’on dit qu’il existe des secrets gouvernementaux qu’ils n’ont pas le droit de connaître. Ces informations appartiennent au peuple américain. Ils en sont propriétaires. Et ils méritent la vérité. » Sa collègue Anna Paulina Luna (Floride) a annoncé des démarches auprès de la Maison-Blanche pour accorder l’immunité aux lanceurs d’alerte susceptibles de témoigner.

Parmi les nouvelles déclarations figure celle du Dr Italo Venturelli, neurochirurgien qui affirme avoir été appelé le soir du 20 janvier 1996 au chevet d’un patient à l’Hôpital Régional de Varginha — et avoir observé un être non humain dont le crâne en forme de larme avait été suturé par son confrère le Dr Marcos Vinico Neves. Il décrit un être à la peau blanche, aux yeux lilas, à trois doigts dotés d’un pouce opposable, sans mamelons et à la bouche minuscule. Il dit avoir éprouvé une sensation de paix en sa présence et interprète comme télépathique la communication qu’il a perçue. C’est la première déclaration publique attribuée à un professionnel de santé identifié par son nom complet et ses titres. Elle n’a pas été corroborée par d’autres membres du personnel médical.

Un colonel américain à la retraite, Fred Clausen, a pour sa part affirmé qu’un avion cargo américain avait atterri à l’aéroport de Campinas et en était reparti avec une « cargaison inhabituelle », ajoutant une dimension internationale à ce que les documents de l’IPM ne laissaient qu’entrevoir sous l’expression « personnel militaire affilié à la NASA » arrivé à l’Université de Campinas (Unicamp) fin janvier 1996.


Les conclusions officielles du Pentagone

Face à cette nouvelle vague de pression, le Bureau de résolution des anomalies tous domaines (AARO) du Pentagone a réaffirmé n’avoir trouvé « aucune preuve vérifiable » que des observations de PANI représentent une activité extraterrestre ou que le gouvernement américain posséderait une technologie d’origine non humaine. L’office précise toutefois que de nombreuses observations restent inexpliquées, reflet de limitations dans les données disponibles plutôt que de causes extraordinaires.


Le retournement d’un enquêteur, la persistance de l’autre

L’un des tournants les plus inattendus de ces trente ans est le revirement public d’Ubirajara Rodrigues, l’avocat qui a co-enquêté sur le dossier depuis le premier jour. En décembre 2023, il a déclaré ne plus croire à la thèse extraterrestre, après « trente ans de réflexion ». Il a explicitement reconnu avoir influencé les témoins — notamment en déclarant aux trois jeunes femmes, peu après leur rencontre : « Vous n’avez pas vu un démon ni un singe, vous avez vu un extraterrestre » — et qualifie cela d’erreur grave susceptible de « modeler et reconstruire les souvenirs au fil du temps ». Il est apparu dans la docusérie de Globo O Mistério de Varginha en 2026 pour expliquer comment ses convictions initiales ont contribué à construire le récit de l’affaire.

Vitório Pacaccini, son co-enquêteur de l’époque, suit une trajectoire inverse. Il a témoigné devant la Chambre des Députés brésilienne en septembre 2025 pour soutenir qu’au moins cinq créatures ont été secrètement capturées par les Forces armées. En janvier 2026, il a participé à une session à huis clos au Longworth House Office Building de Washington avec trois membres du Congrès américain, et a publié une édition anglaise étendue de son livre.


Ce que les archives ne tranchent pas

Les documents déclassifiés apportent des éléments factuels précis et inédits. Ils confirment que le Brésil maintenait depuis des décennies un système institutionnel de surveillance des OVNI. Ils révèlent que l’armée a mené deux enquêtes distinctes d’une minutie inhabituelle pour une affaire officiellement qualifiée de « trop invraisemblable pour constituer un crime ». Ils montrent que le directeur d’un hôpital a donné des consignes de déni — et que son alibi s’est effondré devant les caméras. Ils documentent la mort d’un jeune soldat dont la famille n’a jamais obtenu le rapport d’autopsie complet.

Mais ils ne tranchent pas la question centrale. L’explication officielle — une méprise avec un homme souffrant de troubles mentaux, des camions militaires en révision chez un garagiste, une mort par infection post-opératoire — tient debout dans ses grandes lignes et repose sur des preuves documentaires réelles. Simultanément, les contradictions internes à ces mêmes documents — les observations de camions trois jours trop tôt, l’alibi hospitalier démenti en direct, la bactérie atypique dans le corps du soldat, les morts inexpliquées au zoo, le « Trafic Hôtel » militaire vieux de décennies au-dessus de Varginha — ne s’expliquent pas toutes par la simple rumeur.

Trente ans après, trois choses sont certaines : Liliane, Valquíria et Kátia n’ont pas changé d’un mot leur témoignage. Les archives militaires brésiliennes sont désormais publiques et consultables. Et à Washington, la pression pour la déclassification des dossiers américains liés à l’incident ne faiblit pas.


Sources

Newsweek, « What Is the Varginha UFO Incident? Campaigners Demand Files », Sam Stevenson, 10 juin 2026

NewsNation, « Varginha UFO incident: What was it and did US recover alien bodies? », Steph Whiteside, 11 juin 2026

Réveil (reveil.blog), « Inside Brazil’s UFO Files: What Declassified Military Documents Reveal About the Varginha Incident », 10 février 2026

Fliegerfaust.com, « Varginha UFO press conference: Fox witnesses vs Brazil files », 6 février 2026

Sociedade Militar (en.sociedademilitar.com.br), « Varginha UFO incident: Military documents reveal what really happened in the case that shocked Brazil 30 years ago », janvier 2026

Pacaccini, Vitório, Incident in Varginha: Space Creatures in the South of Minas, édition anglaise étendue, 2025

Fox, James (réal.), Moment of Contact: New Revelations of Alien Encounters, sortie internationale numérique, 20 décembre 2025

Archives nationales du Brésil / Blue Book Files (bluebookfiles.org) — IPM n° 18/97, volumes 1 à 9 ; BR_AN_BSB_ARX_003_007 ; CENDOC Envelope 02 (1971) ; Resposta ao RIC 4470/2009

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