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Un mystérieux tunnel antique découvert sous Jérusalem déconcerte les archéologues

Par hollowsoul · 16 juin 2026

Sous les ruelles animées et les vieux murs de pierre de Jérusalem, une équipe d’archéologues vient de mettre au jour une découverte qui pourrait réécrire une page de l’histoire de l’une des plus anciennes cités du monde : un tunnel souterrain d’une remarquable facture, taillé directement dans la roche, dont ni l’âge ni la fonction ne sont encore élucidés.

Une découverte née du chantier

Tout a commencé lors de fouilles préventives menées près du kibboutz Ramat Rachel, dans les limites municipales de Jérusalem. Ces travaux archéologiques, imposés par la loi avant tout grand projet de construction, précèdent la construction d’un nouveau quartier résidentiel qui comptera 488 logements, des commerces, des lieux de travail et deux écoles.

C’est dans ce contexte que les co-directeurs de la fouille, la Dr Sivan Mizrahi et Zinovi Matskevich, racontent la surprise de leur équipe : « Nous excavions un terrain relativement rocheux et exposé, quand soudain nous avons découvert une cavité karstique naturelle. À notre stupéfaction, au fil de la fouille, cette cavité s’est développée en un long tunnel. Certaines parties sont encore effondrées, si bien que le tunnel n’a pas encore révélé tous ses secrets. »

Un ouvrage colossal

Haut de cinq mètres et large de trois, le tunnel est assez vaste pour, dans certaines sections, laisser passer un bus. Il s’étend sur environ cinquante mètres à travers la roche. Des sections du passage demeurent inaccessibles, le plafond ou les parois s’étant effondrés par endroits — des études de stabilité structurelle devront être menées avant que les archéologues puissent explorer la totalité du couloir.

Les deux directeurs de fouilles soulignent la qualité d’exécution de l’ouvrage : « Le creusement a été réalisé avec minutie. Il est clair que quiconque a taillé ce tunnel a investi des efforts considérables, une planification soigneuse, et disposait des capacités et des ressources nécessaires pour atteindre cet objectif. »

À l’entrée, un escalier menait à une ouverture taillée dans la roche, et à l’intérieur, les archéologues ont découvert plusieurs couches de sol compact qui ont progressivement comblé le passage au fil des siècles. Le tunnel était en partie rempli d’eaux usées qui semblent y avoir coulé sur des centaines, voire des milliers d’années.

Trois théories, aucune certitude

La question centrale — à quoi servait ce tunnel ? — reste sans réponse définitive.

Un aqueduc ? L’hypothèse d’un système hydraulique destiné à capter une source souterraine a d’abord été envisagée, puis écartée : les parois ne portent aucune trace d’enduit imperméable, pourtant systématiquement utilisé dans l’Antiquité pour les installations hydrauliques. Par ailleurs, aucune source d’eau souterraine n’a été identifiée dans le secteur, et aucune trace de stagnation ou d’écoulement d’eau n’a été observée à l’intérieur.

Une installation agricole ou industrielle ? Cette piste a également été jugée peu vraisemblable, en raison de l’ampleur des aménagements et de l’absence de structures similaires à proximité.

Une carrière souterraine ? C’est la théorie actuellement privilégiée. Les archéologues pensent que les bâtisseurs cherchaient à atteindre une couche de craie propice à la production de chaux — un matériau essentiel et souvent négligé de l’Antiquité. Les débris de taille retrouvés sur le sol confortent cette hypothèse. Un puits vertical creusé dans le plafond aurait par ailleurs servi à ventiler l’espace de travail souterrain.

Reste une quatrième possibilité, peut-être la plus frustrante : le chantier n’aurait tout simplement jamais été achevé, et la destination originale du tunnel demeurerait à jamais inconnue.

L’énigme de la datation

Si l’usage du tunnel est incertain, sa datation l’est tout autant. Aucun fragment de céramique, outil, pièce de monnaie ou reste organique déterminant n’a été retrouvé à l’intérieur du passage. Le Dr Matskevich précise cependant que des fragments de céramique et même des vestiges préhistoriques ont été trouvés, mais uniquement dans les couches de remplissage accumulées au fil du temps — pas dans la structure elle-même, ce qui ne permet pas de dater le tunnel avec certitude.

Si le tunnel date de la même période que les sites voisins, il pourrait avoir entre 2 500 et 3 000 ans, et remonter potentiellement à l’époque traditionnellement associée au roi David et aux débuts du royaume d’Israël.

La réaction des autorités

La découverte a suscité des réactions au plus haut niveau. Amit Re’em, archéologue du district de Jérusalem à l’Autorité des antiquités d’Israël, a déclaré : « Généralement, nous avons des explications pour les découvertes que nous mettons au jour, mais parfois, comme dans ce cas, nous restons stupéfaits et émerveillés. »

Le ministre du Patrimoine Amichai Eliyahu a également réagi : « Durant la semaine de la Journée de Jérusalem, cette découverte exceptionnelle nous rappelle le lien profond et ancestral du peuple juif avec Jérusalem. Sous le sol de la ville, des entreprises extraordinaires de vie, de créativité et de construction se révèlent encore et encore. »

Un héritage à préserver

La découverte crée aussi des défis pratiques. Shikma Sig, planificatrice régionale pour Jérusalem à l’Autorité foncière d’Israël, a annoncé que le tunnel et les découvertes environnantes feront partie d’un parc archéologique public intégré au nouveau quartier, offrant « une combinaison rare de développement urbain moderne et de préservation du patrimoine historique ».

Jérusalem, dont le sous-sol recèle des millénaires de civilisations superposées, livre ici un nouveau secret — mais garde jalousement les clés de son interprétation. Le tunnel attend patiemment, dans l’obscurité de la roche calcaire, qu’un tesson de poterie ou une pièce de monnaie vienne enfin lui rendre sa mémoire.


Sources

  • Ancient Origins, Ramsey Hardin, 27 mai 2026
  • The Jerusalem Post, Miriam Sela-Eitam, 14 mai 2026
  • The Times of Israel, Rossella Tercatin, 14 mai 2026
  • Biblical Archaeology Society, Lauren K. McCormick, 22 mai 2026
  • Archaeology Magazine, Jason Urbanus, 15 mai 2026
  • Greek City Times, 1er juin 2026
  • HeritageDaily, 14 mai 2026

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