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L’énigme Marshal Iwaasa : Une disparition inexpliquée aux confins de la Colombie-Britannique

Par hollowsoul · 5 juin 2026

Le 17 novembre 2019, Marshal Iwaasa, un jeune Canadien de 26 ans originaire de Lethbridge, en Alberta, disparaît dans des circonstances qui continuent de défier la logique des enquêteurs et de hanter sa famille. Six jours plus tard, sa camionnette est retrouvée calcinée à près de 1 200 kilomètres de là, dans une zone montagneuse et reculée de la Colombie-Britannique. Entre ces deux points géographiques, le parcours du jeune homme s’efface totalement, ne laissant derrière lui qu’un ensemble de faits contradictoires et une scène de crime potentielle que les autorités refusent pourtant de qualifier de criminelle.

Pour comprendre les zones d’ombre de cette affaire, il est nécessaire de s’en tenir strictement à la chronologie documentée des faits, aux éléments matériels retrouvés sur place et aux divergences constatées entre les analyses officielles et privées.

Chronologie des derniers mouvements connus (17-18 novembre 2019)

Avant sa disparition, Marshal Iwaasa résidait à Calgary où il suivait, selon sa famille, des études en informatique. Les investigations ultérieures révéleront qu’il traversait une période de stress personnel important : il s’était fait placer en probation académique à l’Institut de technologie du Sud de l’Alberta (SAIT) et avait cessé de payer son forfait de téléphonie mobile, des détails qu’il avait dissimulés à ses proches.

Le dimanche 17 novembre, Marshal passe la journée à Calgary pour effectuer des tâches ménagères avant de prendre la route en direction du sud pour se rendre chez sa mère à Lethbridge, sa ville natale.

  • 17 novembre, fin de soirée : Marshal passe plusieurs heures au domicile de sa mère à Lethbridge pour l’aider à résoudre un problème informatique. Il quitte les lieux aux alentours de 23 h 00. Il porte alors un sweat-shirt à capuche vert, un pantalon noir, des baskets montantes rouges et un bonnet gris. Il indique à sa mère qu’il doit récupérer du matériel informatique dans un box de stockage qu’il partage avec sa sœur à Lethbridge, avant de rentrer chez lui à Calgary.
  • 17 novembre, 23 h 30 : Marshal tente une première fois d’accéder au complexe de stockage. Le site étant fermé au public pour la nuit, le code d’accès ne fonctionne pas. Les données suggèrent qu’il passe la nuit à attendre dans son véhicule.
  • 18 novembre, 06 h 00 : Le code d’accès de Marshal et sa clé sont utilisés pour entrer dans l’enceinte des box de stockage.
  • 18 novembre, 08 h 00 : Le code est enregistré une seconde fois, marquant la sortie du véhicule hors de la zone de stockage après une présence d’exactement deux heures.
  • 18 novembre, 08 h 30 : Un signalement ou une confirmation de présence valide sa localisation dans la zone industrielle nord de Lethbridge (secteur de Sherring et Churchill). C’est la dernière trace physique ou numérique avérée de Marshal Iwaasa en Alberta.

À partir de cet instant, son téléphone n’émet plus et aucune transaction bancaire n’est enregistrée. Ses cartes de crédit et de débit n’ont montré aucune activité depuis le début du mois de novembre, ce qui implique qu’il se déplaçait potentiellement avec de l’argent liquide.

La découverte du véhicule à Pemberton

Le 23 novembre 2019, un groupe de randonneurs qui se dirige vers le refuge de montagne Brian Waddington Hut, situé au nord de la municipalité de Pemberton en Colombie-Britannique, tombe sur une vision aberrante au bout d’une piste forestière isolée : une camionnette GMC Sierra 2009 de couleur bleu foncé, entièrement détruite par un incendie.

N’ayant aucun réseau cellulaire dans cette zone reculée, les randonneurs prennent des photographies de la scène mais ne peuvent alerter la Gendarmerie royale du Canada (GRC) que le lendemain. Le 25 novembre, la GRC de Pemberton se rend sur les lieux et identifie le véhicule grâce à sa plaque d’immatriculation de l’Alberta (BLL 1099). Le lendemain, le 26 novembre, les autorités contactent la famille de Marshal, qui ignorait jusqu’alors sa disparition, pensant qu’il était simplement retourné à sa routine à Calgary. Une procédure officielle pour disparition est immédiatement ouverte par le service de police de Lethbridge (LPS).

Le lieu de la découverte se situe à environ 14 heures de route de Lethbridge. Selon les déclarations de ses proches, Marshal Iwaasa n’avait aucun lien avec cette région, aucun contact local et aucune raison logistique de s’engager sur une piste forestière aussi difficile d’accès à l’approche de l’hiver.

Les indices matériels et l’état de la scène

Les objets retrouvés éparpillés autour de la camionnette calcinée accentuent le caractère mystérieux de l’affaire. Contrairement à un incendie de véhicule classique où les effets personnels restent à l’intérieur, les affaires de Marshal se trouvaient à l’extérieur, au sol :

  • Matériel informatique : Un ordinateur portable et trois téléphones portables ont été découverts à proximité. Les trois téléphones présentaient des traces de destruction physique (écrans fracassés) antérieures ou indépendantes de l’incendie du véhicule.
  • Documents d’identité : Son portefeuille contenant ses pièces d’identité ainsi que ses passeports (l’un en cours de validité, l’autre expiré) ont été retrouvés intacts au sol. Sa sœur a précisé que Marshal avait l’habitude de conserver ses passeports et ses anciens téléphones hors d’usage dans sa boîte à gants.
  • Vêtements : Divers effets vestimentaires appartenant au jeune homme gisaient à proximité du pick-up.

Un fait majeur interpelle la famille et les enquêteurs privés : des divergences notables apparaissent entre les photographies prises par les randonneurs le 23 novembre et les constatations officielles de la GRC le 25 novembre. Les clichés initiaux montrent la présence d’objets spécifiques qui avaient disparu ou changé de place à l’arrivée des policiers, suggérant qu’un ou plusieurs individus ont visité et potentiellement altéré la scène de la découverte durant le laps de temps de 48 heures.

De plus, lors d’une inspection ultérieure de la camionnette en 2020, la famille a constaté que certaines pièces mécaniques du véhicule avaient été prélevées et que des objets n’appartenant pas à Marshal — notamment une glacière — se trouvaient sur les lieux.

Divergences entre enquêtes officielles et privées

La gestion de l’affaire par le Lethbridge Police Service (LPS) et la GRC fait l’objet d’une contestation persistante de la part de la famille Iwaasa. Dès le départ, les autorités ont classé le dossier comme une « disparition non criminelle », privilégiant l’hypothèse d’une disparition volontaire ou d’un acte de détresse personnelle, s’appuyant sur l’état psychologique supposé du jeune homme avant sa disparition.

Cette classification a eu des conséquences directes sur la collecte des preuves :

  1. Absence d’analyses de police technique : En l’absence de qualification criminelle initiale, les techniciens de la police n’ont pas cherché d’empreintes digitales ni d’ADN sur la scène de Pemberton ou sur les objets retrouvés au sol.
  2. Accès aux caméras de surveillance : La police n’a pas émis de réquisitions officielles pour obtenir les enregistrements vidéo des stations-service ou des commerces le long des 1 200 kilomètres séparant Lethbridge de Pemberton. La famille a tenté d’effectuer cette démarche elle-même, mais la majorité des gérants ont refusé de coopérer sans injonction policière. Aucun enregistrement de la camionnette sur la route n’a donc pu être récupéré.

Face à ce que la famille considérait comme une impasse, un enquêteur privé et un expert en incendies criminels ont été engagés. L’analyse indépendante de la structure de la camionnette a formellement conclu que le sinistre était le résultat d’un incendie criminel d’origine volontaire (arson), écartant définitivement la thèse d’une défaillance électrique ou mécanique du moteur.

Malgré ces conclusions et une pétition officielle déposée par la famille en août 2020 pour requalifier l’enquête en affaire criminelle, le LPS a maintenu sa position par un communiqué officiel : bien que la disparition soit jugée « suspecte », la police affirme ne disposer d’aucune « information crédible, corroborée ou convaincante suggérant un acte criminel ».

Évolution récente du dossier

Les recherches physiques menées dans la région accidentée de Pemberton — comprenant des battues au sol, l’utilisation de drones, d’hélicoptères et le déploiement de chiens truffeurs de cadavres en mai et juin 2020 — n’ont donné aucun résultat. Aucun reste humain ni indice supplémentaire n’a été localisé dans un rayon significatif autour du véhicule.

Fin 2023, une décision logistique est venue rompre le dernier lien physique avec le lieu de la disparition : l’épave de la camionnette GMC Sierra, restée immobilisée près du sentier de Brian Waddington Hut, a été découpée et évacuée vers une décharge publique par les autorités locales pour des raisons environnementales, au grand dam de la famille qui espérait encore des analyses complémentaires.

En novembre 2024, à l’occasion du cinquième anniversaire de la disparition, le service de police de Lethbridge a indiqué avoir examiné une demi-douzaine de nouveaux signalements au cours de l’année écoulée, mais aucun n’a pu être corroboré ou n’a mené à un développement substantiel. À ce jour, le dossier reste officiellement ouvert en tant que recherche de personne disparue, sans qu’aucune preuve factuelle ne permette de déterminer si Marshal Iwaasa a atteint la Colombie-Britannique de son plein gré ou si un tiers est intervenu dans son transport et la destruction de ses biens.

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