Le Tombeau des Patriarches

Le tombeau des Patriarches est un monument juif construit durant la période du Second Temple (du VIe siècle av. J.-C. au Ier siècle apr. J.-C.) sur un ensemble de grottes, situé dans la vieille ville d’Hébron, au sud-ouest de la Cisjordanie. Le monument abrite des cénotaphes construits au-dessus de tombes attribuées aux patriarches bibliques Abraham, Isaac, Jacob et à leurs épouses les matriarches Sarah, Rébecca et Léa.

Histoire et Signification


Selon la tradition juive, la caverne est aussi le lieu de sépulture d’Adam et Ève. C’est un lieu saint et un site de pèlerinage pour les religions abrahamiques : judaïsme, christianisme et islam1. Le lieu est identifié au site biblique de Machpéla acheté par Abraham pour y enterrer sa femme Sarah puis les autres membres de sa famille.

Architecture et Transformations

Un mur d’enceinte est construit autour du site à l’époque d’Hérode le Grand au Ier siècle av. J.-C. Les Byzantins l’ont ensuite transformé en église au Ve / VIe siècles, les musulmans en mosquée connue sous le nom de « mosquée d’Abraham » au VIIe siècle et ensuite les croisés en « église Saint-Abraham » au XIIIe siècle1. Aujourd’hui, on y trouve une mosquée et une synagogue.

Explorations

En 1119 des moines augustins auraient explorer la grotte. Durant leur repos à l’intérieur du sanctuaire, l’un des moines, Arnoul, perçut un léger courant d’air entre deux pierres du dallage. Cette observation conduisit à la découverte d’une ouverture cachée sous les pierres, plongeant profondément dans la roche. Arnoul fut désigné pour être le premier à explorer cette ouverture.

Après avoir descendu, Arnoul arriva dans une petite salle souterraine entourée de murs maçonnés. Cette chambre était reliée à un couloir étroit qui le mena à une seconde pièce, de forme circulaire et de grandes dimensions, également construite en maçonnerie. Bien que vide à première vue, des ossements dispersés dans la poussière du sol attirèrent l’attention d’Arnoul. Il repéra également l’entrée d’une seconde grotte renfermant d’autres ossements humains.

Une inspection plus approfondie révéla une inscription gravée sur l’une des parois de la première grotte, malheureusement indéchiffrable pour Arnoul. Malgré les efforts des moines pour creuser derrière cette inscription et dans le mur en face, ils ne découvrirent rien d’exceptionnel. Cependant, une cavité fut révélée dans le mur, contenant une quinzaine de jarres en terre cuite renfermant les os de douze personnes.

Les moines conclurent que ces restes humains pouvaient être attribués aux patriarches bibliques et à leurs descendants immédiats, évoquant les douze fils de Jacob. Les reliques furent lavées dans une jarre de vin et présentées au public dans des reliquaires. Certaines d’entre elles furent vendues à des pèlerins, tandis que d’autres furent replacées dans la sépulture d’origine. Cette découverte mystérieuse offre un aperçu fascinant de l’histoire et suscite des questions sur l’origine et le sens de ces reliques.

La réouverture de la grotte de Macphéla ne survint qu’en 1967, à la suite de la guerre des Six-Jours, lorsque le général israélien Moshe Dayan entreprit une nouvelle exploration, profitant de la situation locale tumultueuse. Face à l’étroitesse du puits d’accès, l’officier prit l’initiative d’engager une fillette de douze ans à qui il fournit l’équipement nécessaire. Avec courage, la jeune exploratrice se glissa à travers l’ouverture et parvint à la grande pièce circulaire décrite jadis par les moines. Cependant, elle n’y découvrit que trois dalles de pierre, dont l’une portait une gravure d’un extrait du Coran. Elle retrouva également le long couloir qu’elle parcourut jusqu’à atteindre un escalier dont l’extrémité était bloquée.

Malheureusement, la jeune visiteuse ne put aller plus loin dans son exploration. Malgré cela, elle prit des mesures et des photos, permettant ainsi l’élaboration d’un plan détaillé des lieux, bien que l’accès aux caves et leur contenu demeuraient inexplorés.

En 1983, une dernière exploration fut entreprise par le Dr. Seev Jevin, directeur du Service des Antiquités d’Israël, qui rencontra un succès plus significatif. De nuit et de manière clandestine, il déscella la pierre obstruant l’escalier et pénétra dans le couloir jusqu’à atteindre la grande pièce circulaire. Au sol, il repéra plusieurs pierres mal agencées, qu’il retira pour découvrir l’entrée d’une grotte naturelle, probablement celle de Macphéla. Bien que cette grotte ne renfermât que des débris et de la poussière, elle donnait accès à une seconde pièce de forme ovale où le Dr. Jevin trouva des tessons de poterie, une jarre de vin, et quelques ossements. Cette exploration approfondie soulève de nouvelles questions sur la signification et l’histoire de la grotte de Macphéla.

Conclusion


Le Tombeau des Patriarches demeure un lieu de grande importance historique et religieuse. Malgré les tensions et les conflits, il continue d’attirer des pèlerins et des chercheurs du monde entier, témoignant de son importance inébranlable dans l’histoire de l’humanité.

Encore aujourd’hui le mystère persiste. Que contient vraiment cette grotte? A qui appartiennent ces ossements? Nous ne serons probablement jamais la vérité.