Dans les couloirs feutrés du British Museum, parmi les milliers de reliques de l’Égypte antique, l’objet numéro 22542 attire les regards les plus inquiets. Ce n’est pourtant pas une momie, mais un simple couvercle de sarcophage en bois peint. Pourtant, pour les amateurs de paranormal et d’histoire occulte, il reste l’« Unlucky Mummy » (la momie de la malchance), une pièce archéologique accusée d’avoir semé la mort sur son passage, jusqu’à causer le naufrage du Titanic.
Le réveil d’une colère millénaire
Tout commence à la fin des années 1860, à Thèbes. Quatre jeunes voyageurs britanniques font l’acquisition de ce couvercle richement orné, ayant appartenu à une prêtresse du collège d’Amon-Râ. La légende raconte que le sort s’acharna sur eux dès la transaction conclue :
- Le premier perdit son bras dans l’explosion accidentelle de son fusil.
- Le deuxième mourut de maladie peu après.
- Le troisième fut abattu lors d’un incident en Égypte.
- Le quatrième finit sa vie dans la misère la plus totale.
L’objet finit par rejoindre l’Angleterre, où il continua, dit-on, de briser des vies. On raconte que les photographes qui tentèrent de l’immortaliser virent des visages terrifiants apparaître sur leurs clichés, ou que des gardiens du musée entendaient des pleurs étouffés provenant de la salle égyptienne la nuit.

Le mythe du Titanic : Coïncidence ou Malédiction ?
L’épisode le plus célèbre lié à l’Unlucky Mummy est sans conteste celui du Titanic. Selon la rumeur populaire de l’époque, un collectionneur américain aurait acheté la pièce et l’aurait fait embarquer secrètement sur le paquebot « insubmersible ». On prétendait que la présence de la prêtresse maudite dans la cale aurait provoqué la collision avec l’iceberg le 14 avril 1912.
La vérité historique derrière la légende
Pour l’informaticien rigoureux que tu es, Michel, les faits sont plus sobres mais tout aussi fascinants. Les registres du British Museum et du Titanic sont formels :
- L’objet n’a jamais quitté Londres. En 1912, le couvercle était bien exposé au musée.
- L’origine du mythe : La légende est née de l’imagination fertile de William Stead, un journaliste spiritualiste célèbre (et passager du Titanic), qui aimait narrer cette histoire de malédiction lors des dîners mondains. Sa mort tragique durant le naufrage a scellé le lien entre la momie et le navire dans l’inconscient collectif.
Analyse : Pourquoi le mythe persiste-t-il ?
L’Unlucky Mummy est le cas d’école parfait de ce que nous appelons en paranormal la « contagion narrative ». À une époque où l’égyptomanie battait son plein et où le spiritisme était une religion, chaque coïncidence malheureuse devenait la preuve d’un courroux divin.
C’est ici que le rationnel et l’irrationnel se croisent. Si la science dément le voyage de la momie sur le Titanic, elle ne peut expliquer l’aura de malaise que de nombreux visiteurs ressentent encore aujourd’hui devant la vitrine 22542. Le regard figé de la prêtresse semble porter en lui le poids de trois millénaires de secrets.
Le saviez-vous ?
Aujourd’hui encore, le British Museum reçoit régulièrement des lettres de visiteurs demandant si l’objet est « en sécurité » ou s’il a été purifié. La fascination pour la prêtresse d’Amon-Râ prouve que, même à l’ère du numérique, les vieux spectres de l’Égypte ne dorment jamais tout à fait.
