Février 1977. Dans une station des Alpes suisses, une classe de neige dévale les pistes sous le soleil d’hiver. Parmi les élèves, une adolescente de quinze ans, que l’on connaît seulement sous le prénom de Maria. Quelques minutes plus tard, selon son récit, elle se tiendra devant une structure métallique qui n’a rien à faire là, et basculera dans une expérience dont elle ne se remettra que très lentement.
L’histoire n’a jamais fait de bruit. Elle ne figure dans aucun grand dossier d’ufologie, aucune enquête officielle ne semble l’avoir examinée, et son principal vecteur est un livre publié il y a quelques années à peine. Mais elle contient tous les ingrédients d’un récit de contact « classique » : un objet inexplicable, un malaise soudain, une perte de conscience, des êtres étranges, un message et des séquelles durables. Voici ce qu’elle raconte, et surtout ce que l’on peut réellement en dire.
Une pyramide dans la neige
Alors qu’elle descend l’une des pistes, Maria remarque un objet qu’elle ne parvient pas à expliquer. Il ne ressemble à aucune construction de la station, ne paraît lié ni aux remontées mécaniques ni au paysage environnant.
Selon son témoignage, il s’agit d’une immense pyramide métallique d’environ six mètres de haut, à la surface parfaitement lisse, sans fenêtre ni détail visible. Sur l’un des côtés s’ouvre une entrée triangulaire sombre. Intriguée, l’adolescente s’approche pour comprendre de quoi il s’agit.
Elle n’ira pas bien loin. À mesure qu’elle avance, elle est saisie d’un vertige soudain et d’une faiblesse extrême. Elle doit s’asseoir dans la neige, à environ cinq mètres de la structure. Quelques instants plus tard, elle perd connaissance.
À l’intérieur de l’engin
Lorsqu’elle reprend conscience, Maria n’est plus dehors. Elle se trouve à l’intérieur de l’objet qu’elle observait quelques instants plus tôt.
Elle décrit trois créatures humanoïdes, dont la silhouette générale rappelle celle d’un être humain, mais dont les traits sont nettement différents :
- un corps recouvert d’écailles vertes, aux reflets d’eau ;
- un visage évoquant celui d’une salamandre ;
- trois excroissances sur la tête ;
- des yeux mêlant des caractéristiques humaines et reptiliennes ;
- quatre doigts à chaque main, palmés comme des pattes de canard ;
- des jambes puissantes et musclées, et aucun vêtement.
L’intérieur du vaisseau est tout aussi déroutant. Maria ne voit ni lampe ni appareil susceptible d’expliquer l’éclairage : une lumière grise et douce baigne l’espace sans source visible. La température y est agréable, alors même que l’engin se trouve en pleine montagne enneigée. Les trois êtres ne la traitent pas en intruse. Ils se comportent comme si sa présence était attendue.
Une voix dans la tête
L’un d’eux s’approche et lui fait signe de le suivre. Au même moment, Maria affirme entendre une voix résonner dans son esprit, lui ordonnant de venir, sans qu’elle puisse identifier qui lui parle. Elle obéit, malgré le caractère extraordinaire de la situation, avec le sentiment d’avoir perdu la capacité de décider librement. Elle comparera elle-même cette sensation à de l’hypnose.
Le récit n’apporte aucune explication à cet état. Réaction psychologique face à l’inconnu, ou influence d’une autre nature : la question reste ouverte.
Les écrans et l’avertissement
La créature la conduit dans une autre partie de l’engin, où se trouve un quatrième être. Maria se retrouve entourée d’équipements dont elle ne comprend pas la fonction. On l’autorise à toucher certains d’entre eux, tandis que des écrans diffusent des scènes qui semblent montrer des catastrophes naturelles et des événements susceptibles de toucher la Terre, ainsi que des images qu’elle interprète comme des aperçus du futur.
Elle ne comprend ni ce qu’elle voit ni la finalité de ces projections. Pourtant, l’expérience lui laisse une conviction : sa présence à bord n’était pas un hasard. Elle estime avoir été mise en contact avec des êtres dotés de capacités et d’une technologie inconnues de l’humanité, et que ces images constituaient un avertissement sur ce qui attend la planète.

Le réveil sur la piste
Tout s’arrête aussi brusquement que cela avait commencé. Maria perd de nouveau connaissance et se réveille allongée sur la piste de ski, à une certaine distance de l’endroit où elle avait aperçu la pyramide. L’engin a disparu, sans laisser de trace apparente.
Des camarades et des membres du personnel de la station l’aident à se relever et la raccompagnent jusqu’à l’hébergement du groupe scolaire.
Les séquelles
Selon le récit, l’épisode est suivi de changements notables. Sa mère la voit physiquement affaiblie, sujette à de persistants maux de tête, repliée sur elle-même, sans appétit. Maria continue pourtant de parler de ce qu’elle a vécu, comme incapable de tourner la page. Les symptômes persistant, la famille se tourne vers un psychiatre pour tenter de comprendre ce qui lui arrive.
Environ six mois plus tard, un nouvel épisode ravive le souvenir. Allongée dans son lit, Maria sent une présence tangible à ses côtés. Elle croit reconnaître l’un des êtres rencontrés dans la montagne. Il lui parle, toujours par télépathie, l’invitant à rester calme et l’assurant qu’il ne lui fera aucun mal.
La visite est brève, mais elle laisse à la jeune fille un violent mal de tête. Ensuite, son état s’améliore peu à peu : elle retrouve un certain équilibre physique et psychologique, et l’expérience perturbe de moins en moins son quotidien, même si le souvenir ne la quittera pas.
Que sait-on vraiment de cette affaire ?
C’est ici qu’il faut être honnête avec le lecteur : l’histoire n’est pas un cas largement documenté. Malgré des recherches dans les sources publiques accessibles, je n’ai trouvé aucun document indépendant confirmant que l’incident a bien eu lieu, ni permettant de vérifier l’identité de Maria ou les détails de son récit. Aucun article de presse de l’époque, aucun rapport d’enquête, aucun témoignage de camarade ou de personnel de la station n’est cité.
Le récit est associé à un livre : Obiettivo non identificato (« Objectif non identifié »), du chercheur italien Antonio Chiumento, publié en 2020 aux éditions Segno. D’après les informations de l’éditeur, l’ouvrage rassemble des dizaines de témoignages liés aux objets volants non identifiés et aux phénomènes connexes. Mais ces informations, à elles seules, ne suffisent pas à établir l’authenticité de ce cas précis : elles prouvent que le livre existe, pas que l’événement s’est produit comme décrit.
Quelques points méritent d’être soulignés :
- Une source unique et tardive. Le récit nous parvient par un livre publié plus de quarante ans après les faits supposés, sans recoupement connu.
- Aucun lieu précis. La station, la piste et les dates exactes ne sont pas indiquées, ce qui rend toute vérification pratiquement impossible.
- Aucune trace matérielle. L’engin a disparu sans laisser d’empreinte dans la neige, et personne d’autre n’aurait rien vu.
- Des éléments récurrents de la littérature du contact. Perte de conscience, voix intérieure, impression d’hypnose, visions du futur et avertissement planétaire sont des motifs très répandus dans ce type de récits.
Entre expérience vécue et interprétation
Le fait que la famille ait consulté un psychiatre n’est pas anodin. Un malaise brutal en altitude, une perte de connaissance, des maux de tête persistants, une perte d’appétit et un repli sur soi chez une adolescente de quinze ans sont autant de symptômes qui peuvent avoir des origines très diverses, physiologiques comme psychologiques. Quant aux sensations de présence à son chevet et aux communications télépathiques six mois plus tard, elles rappellent des phénomènes que la psychologie connaît bien, notamment autour du sommeil et de l’endormissement. Ces pistes ne sont que des hypothèses : le récit ne dit rien du diagnostic éventuel posé à l’époque.
Il serait tout aussi hasardeux de balayer le témoignage d’un revers de main. Ce que l’on peut dire, c’est que Maria semble avoir réellement vécu quelque chose qui l’a marquée durablement, et que la nature de cette expérience reste, faute de données, impossible à trancher.
Un récit en suspens
L’histoire de Maria demeure prise entre un témoignage personnel saisissant et une série de questions sans réponse. Rien ne permet d’affirmer qu’elle a rencontré un engin extraterrestre, et les informations disponibles sont insuffisantes pour reconstituer les faits avec un tant soit peu de certitude.
Reste une interrogation de fond, que le récit pose lui-même en filigrane : Maria rapportait-elle une expérience qui défie toute explication, ou ce qu’elle a vécu était-il fondamentalement différent de ce qu’elle a cru voir ?
Source mentionnée : Antonio Chiumento, Obiettivo non identificato, Edizioni Segno, 2020. Aucune confirmation indépendante de ce cas n’a pu être retrouvée dans les sources publiques consultées.
