Contexte géographique : La grotte dite de Zayukovo (ou Zyukovo) est située en Kabardino-Balkarie, une république de la région du Caucase du Nord en Russie. Elle se trouve dans la gorge de Baksan, près du village de Zayukovo (oblast de la République de Kabardino-Balkarie). Le massif montagneux Hara-Hora (1233 m) domine ce secteur . La carte ci-dessous (Kabardino-Balkarie, Russie du Nord, en jaune) montre la localisation approximative du site dans le nord du Caucase :

Carte de la Kabardino-Balkarie dans le Caucase du Nord (Russie). La vallée du Baksan, où se trouve Zayukovo, est au nord du massif, aux confins du Caucase.
Le village de Zayukovo se trouve à environ 1000 m d’altitude dans le Baksan. Le massif Hara-Hora (du kab. « Chien-et-Sanglier ») comporte plusieurs sommets au nord de Zayukovo . C’est sur l’une de ces cimes, par un trou discret au sol, qu’a été repéré l’accès de la grotte. Les anciens habitants du secteur évoquaient un lieu sacré ou légendaire (« Старый город », «vieille cité ») niché dans ces montagnes, mais les premières explorations modernes sont de l’époque contemporaine.
Découverte et historique : La grotte fut découverte localement en 2011–2012 à la suite de glissements de terrain. Des passionnés d’histoire régionale – notamment Maria et Viktor Kotlyarov, et le spéléologue Artur Jemeukhov – ont repéré des signes intriguants sur les hauteurs de Zayukovo (swastikas gravées dans la roche) et, en août 2011, ont identifié un petit trou dans la montagne menant à un vaste réseau souterrain . Ce passage, obstrué par des blocs, a d’abord été dégagé à la main, puis les explorateurs ont pu descendre à l’aide d’une corde.
En 2012–2013, le site a attiré l’attention médiatique (chaîne REN TV, journaux locaux) et celle de l’association ésotérique « Kosmopoisk » (chercheurs de phénomènes paranormaux en Russie). Lors d’une expédition cosmo-spéléologique en septembre 2012, Kosmopoisk décrivit un « mégastructure préhistorique » impressionnante . Ces groupes ont réalisé plusieurs descentes (jusqu’à trois sorties en 2012) dans la grotte, mais aucune fouille scientifique approfondie n’a été annoncée. À notre connaissance, il n’existe pas (à ce jour) de campagnes publiques récentes d’archéologues ou de géologues internationaux sur ce site .
Description physique de la grotte et du puits : La grotte de Zayukovo comprend essentiellement un étroit conduit vertical (le « puits de Kharahora ») qui descend sur environ 80–100 mètres, suivis d’une vaste salle souterraine. L’entrée du puits est un trou d’environ 40×120 cm, juste au bord d’un éboulis, à plus de 1000 m d’altitude . Pour pénétrer à l’intérieur, il faut se glisser tête la première par cette ouverture et descendre en rappel. Le puits est très étroit : il est formé par deux dalles rocheuses parallèles, presque verticales (voir photo ci-dessous), avec quelques « coudes » horizontaux. Les premiers 9 m, puis encore 23 m plus bas, le conduit change de direction (« premier coude », « deuxième coude ») avant d’atteindre le fond . L’ensemble du parcours vertical (du sommet du puits jusqu’au plancher de la grande cavité) est d’environ 80 à 100 m .

Vue intérieure du puits vertical de la grotte de Zayukovo. On distingue les parois lisses formées par deux dalles rocheuses parallèles, dans lesquelles les spéléologues descendent en rappel .
Au bas du puits s’ouvre une grande salle souterraine (hauteur ~36 m) aux parois taillées en blocs rectangulaires posés à angle droit . Un mur du fond est soigneusement poli, comme s’il avait été usiné . Au total, depuis l’orifice naturel jusqu’au sol de la salle principale, on mesure environ 100 m de profondeur (40 m de puits puis ~36 m de salle) . Dans le plancher de cette salle ont été trouvées plusieurs petites galeries en tunnel (rectangulaires, 5–20 cm de hauteur) qui pénètrent plus profondément dans la montagne . Dans la grande salle, un « mégalithe flottant » a été observé : un bloc de pierre accroché au mur par un seul bord, donnant l’illusion de flotter dans l’air . Les blocs qui forment les murs de la salle principale ont pour certains une masse estimée à plusieurs dizaines de tonnes chacun .
Données géologiques et archéologiques : La roche du massif Hara-Hora est principalement du tuff volcanique consolidé. Des géologues (dont Véra Davidienko de l’expédition géologique de Kabardino-Balkarie) estiment que le puits et les parois « idéales » peuvent être le résultat de craquelures naturelles dans le tuff solidifié : la lave pulvérulente, en refroidissant, se serait fracturée en blocs aux surfaces planes . La présence de mortier ou jointoiement entre certains blocs a été signalée par les explorateurs, mais les géologues soulignent aussi que le tuff peut se casser en dislocations presque géométriques . Autre hypothèse : le puits servirait de conduit de ventilation vers la salle, ce qui expliquerait son étroitesse et la fraîcheur de l’air qui circule .
À ce jour, aucune trace archéologique (objets, ossuaires, signes d’occupation) n’a été découverte dans la cavité. Les explorateurs n’y ont trouvé ni poterie, ni ossements, ni inscriptions anciennes . L’absence de restes humains ou d’animaux suggère que ce lieu n’a pas été utilisé comme tombeau ou cache de troupeaux, contredisant plusieurs hypothèses populaires . En outre, des experts notent que des cavités similaires à celle-ci n’ont pas d’équivalent connu parmi les constructions antiques documentées dans la région .
Théories, controverses et folklore : Autour de la grotte de Zayukovo se sont développées de nombreuses spéculations. Les découvreurs ont évoqué un lien possible avec l’organisation nazie Ahnenerbe (héritage des ancêtres) qui, selon certaines sources, aurait exploré le Caucase pendant la Seconde Guerre mondiale . D’après Viktor Kotlyarov, Ahnenerbe cherchait secrètement des reliques (comme le Saint-Graal) dans les montagnes du Caucase . Toutefois, cet aspect relève de récits non vérifiés : on sait seulement que des troupes allemandes étaient présentes dans le Baksan en 1942 et y gravaient des marques (croix gammées datées) lors des combats .
Sur le plan des hypothèses locales ou pseudo-archéologiques, certains ont suggéré que la grotte pourrait être la partie immergée d’une cité souterraine, d’un ancien complexe mégalithique ou même d’une « usine énergétique » préhistorique . Par exemple, le responsable du groupe Kosmopoisk y voit un « résonateur géant » vieux de ~5000 ans, comparable à la grande pyramide d’Égypte en taille et en fonction supposée . D’autres mentionnent des légendes de Stary Gorod (« Vieille cité ») et des rumeurs d’un réseau de tunnels « multikilométrique » autour de la grotte . Ces théories restent très spéculatives et ne reposent sur aucun document ou preuve concrète. En l’état, la version la mieux étayée reste celle d’une formation naturelle (un effondrement/tubulure de tuff) modifiée par l’érosion, même si sa régularité hors norme intrigue les géologues .
Notons enfin que plusieurs explorateurs ont rapporté avoir entendu des sons étranges (souffles, murmures) dans la cavité, mais sans jamais recueillir d’enregistrement probant . Ces phénomènes acoustiques peuvent être attribués à de simples courants d’air ou à l’acoustique des grandes salles souterraines. En tout état de cause, aucun indice matériel d’existence d’un « monde parallèle » ou d’une activité surnaturelle n’a été confirmé.
Expéditions et recherches récentes : Après les sorties de 2011–2013, il n’y a pas eu de grandes campagnes officielles connues. Les dernières visites médiatisées datent de 2012 (Kosmopoisk) et 2013 (articles de presse) . Les spéléologues locaux préparent actuellement de nouvelles explorations équipées (par exemple pour dégager des passages bloqués) . La grotte étant difficile d’accès (corde et escalade nécessaires), elle a peu fait l’objet d’étude par les scientifiques traditionnels. Aucune fouille archéologique formelle n’est signalée à ce jour. En résumé, la « shakhta de Kharahora » reste pour l’instant un site remarquable du point de vue touristique et mystérieux, mais sans conclusions définitives sur son origine ou sa fonction.
Sources : Les informations ci-dessus proviennent d’articles de presse locale et de sites spécialisés (Kabardino-Balkarie Tourisme , SK-News , Wikipédia russe ) ainsi que des témoignages publiés par les découvreurs (V. Kotlyarov et A. Jemeukhov) relatifs à la découverte et à l’exploration de la cavité. Les hypothèses évoquées reflètent les points de vue exprimés dans ces sources et n’ont pas été confirmées par des études académiques publiées.
